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Surveillés et punis Marc Montméat - Reportages Surveillés et punis



La prison est rarement un sujet abordé sans passion. Régulièrement maintenant, les politiques
instrumentalisent les faits divers pour nous amener sur le terrain de l'émotion et parfois de la
révolte. La question de la prison et du traitement de la délinquance de manière plus générale,
intéresse tout le monde et personne à la fois. Cycliquement, on se déchaine, on hurle au scandale,
on revendique une vengeance privée, on crie aux monstres et on se retient (à peine) d'en appeler à la
peine de mort...Puis, très vite, on finit par ne pas vouloir vraiment comprendre la complexité du
problème, on s'en désintéresse, on délaisse le fardeau de cette prise en charge...jusqu'à la prochaine
atrocité.
Lorsque la prison apparaît donc dans l'opinion publique, c'est souvent pour mieux décharger nos
instincts les plus primaires.
Mais, entre les murs, la douloureuse attente du jour suivant se fait le plus souvent en silence. Un
silence fragile qui peut lui aussi se briser d'un instant à l'autre et exploser dans un déchainement de
violence.
Finalement, la prison n'est que le fidèle reflet de notre société. Elle n'est pas à côté, en dehors, ou
en dessous. Elle en fait intégralement partie.
Je fais partie de ces inconnus qui travaillent sur la réinsertion et la préparation à la sortie des
détenus depuis une dizaine d'années maintenant. Pendant plusieurs mois, j'ai pu photographier la vie
de plusieurs établissements et de ses hommes et femmes qui y vivent.
J'ai voulu me placer sur un plan de neutralité en essayant de porter un regard objectif sur la notion
d'enfermement en elle-même et de sa violence.
A travers ces images, c'est aussi une réflexion personnelle sur les raisons profondes de mon
engagement professionnel.
Ces photos ont été prises à la Maison d'Arrêt d'Angoulême, au centre de détention de Bédenac, au
centre pénitentiaire de Vivonne et à la Maison centrale de St Martin de Ré.