Qu'est devenu Mériadeck ?
Jusqu'au XVIIe siècle, ce quartier du centre de Bordeaux n'étaient qu'un vaste marais, une sorte de no man's land à la mauvaise réputation: de là partaient les «miasmes de la peste», là se cachaient les brigands et les filles de mauvaise vie. Une marge de la ville, un exutoire, mais au cœur même de la cité.
Au cours du XVIIIe puis au XIXe siècle, Mériadeck se construit peu à peu de bric et de broc: de rares échoppes, des groupements d'ateliers, bon nombre de taudis où viennent s'installer le sous-prolétariat espagnol, les chiffonniers, les désœuvrés et les prostituées. Au début du XXe, cette enclave ultrapopulaire, à quelques pas du très chic «triangle d'or», ne compte pas moins de 180 maisons de passe.
Jacques-Chaban Delmas est élu maire de la ville en 1947. Le jeune édile entend «dynamiser» la ville et l'ouvrir au secteur tertiaire. En politique comme en urbanisme, Chaban fait du volontarisme son credo et, dès 1955, décide de redessiner Mériadeck, d'en faire un quartier riche de ces immeubles de logements qui manquaient tant après guerre. «Redessiner», c'est-à-dire raser Mériadeck.
Jean Royer est nommé urbaniste en chef et établit un plan de masse avec des immeubles-barres de 12 étages. Jean Willerval et Paul Lagarde sont ensuite choisis comme architectes coordinateurs. Pour dégager les 27 hectares nécessaires à la construction du quartier du futur, il faut raser 872 immeubles et reloger 2 500 familles. Seize ans seront nécessaires pour vider le secteur de ses habitants.
Trente ans après, qu'est devenu la ville de l'an 2000 telle qu'on l'imaginait dans les années 60 ?
Depuis 2007, je reviens régulièrement à Mériadeck pour tenter de répondre à cette question.

